Oran express, visite de la ville en 2 jours !

Oran, sur un coup de tête… c’est tout à fait possible ! 

Vous pouvez vous y rendre depuis la capitale Alger en utilisant le train, par voiture via l'autoroute ou en taxi collectif.

Wahran, la ville des lions 

Direction le centre ville de la « Bahia », qui mérite bien son nom. Pas de temps à perdre, vous n'avez que deux jours, donc posez vos affaires dans votre l’hôtel et filez vers la cathédrale du Sacré-Coeur, devenue une bibliothèque en 1984. Construite dans un style romano-byzantin, elle possède une façade à couper le souffle. Le mélange des genres fait son effet. A l’intérieur, les vitraux redonnent un côté traditionnel à un édifice dont l’intérieur est en béton armé. Des livres et des tables sont mis à disposition des étudiants qui souhaitent travailler ici. En été, le lieu est plutôt vide et le gardien se fera un plaisir de vous parler de sa ville. La cathédrale/bibliothèque se situe sur l'ancienne place Jeanne d’Arc. La gardien explique qu’une statue de la « Pucelle d’Orléans » était autrefois érigée en plein milieu de la place mais elle a été retirée par les Français et emportée après l’indépendance. 

Les monuments du centre historique d’Oran (l’ancien quartier européen) sont plutôt proches les uns des autres. Le parcours peut se faire à pied avec un autre stop qui vous mènera vers la place du 1er novembre 1954 (ex-Place d’Armes) où se trouvent les fameux lions qui gardent l’ancien hôtel de ville et l’opéra. Le nom de Wahran serait donc lié aux lions. Plusieurs faits rapportés lors des époques espagnole puis française font état de leur présence dans la région. On dit aussi que l’un d’entres eux auraient visité la tombe de Sidi El Houari. Mais, selon la tradition, le nom de Wahran serait lié à une légende encore plus ancienne : 

« On raconte qu'un jeune homme, Djaffar fils du Visir de Cordoue, avait fui par la mer la tyrannie de son père opposé à son mariage avec la femme qu'il aimait. S'ensuit une histoire de tempête, de vision de deux lionceaux, de songes prémonitoires, enfin de naufrage sur une superbe plage déserte qui ne pouvait pas s'appeler autrement, encore de nos jours, que la plage des Andalous »

- Pierrette Letourmy Aurin

Le mont Aïdour

Pour votre deuxième journée à Oran, n'hésitez pas à vous rendre au mont Aïdour, à 430 mètres d’altitude, pour visiter Santa Cruz, le fort qui veille sur la ville. Construit par les Espagnols, il date du 16ème siècle et offre une vue sur Oran, ville et front de mer, ainsi que sur la base navale de Mers el Kébir à l’ouest. En contrebas du fort, on retrouve la chapelle Santa-Cruz (Sainte-Croix), construite en 1850 par les Français après une épidémie de choléra qui avait touché la ville, l’année précédente. 

Que dire de la vue… mise à part qu’elle est à couper le souffle : une impression de flotter au dessus d’Oran. Prenez de quoi vous rafraîchir car il n’y a aucun point de vente en haut. De même, il est conseillé de prendre un taxi (qui vous attendra) car il n’y a pas non plus de transport si vous n’êtes pas véhiculé. Les applications de VTC sont une bonne alternative. Pensez à appeler le chauffeur en avance car il faut une vingtaine de minutes pour monter vers Santa Cruz et encore plus s’il y a de la circulation sur le front de mer ornais.

La chapelle et le fort sont des sites incontournables de part la vue, leur portée historique et toutes les époques de la ville qu’ils représentent. Si vous allez au fort, il est préférable de prendre un guide pour bien comprendre l’utilité et l’ingéniosité de cette construction. 

Vers le palais du Bey

Dans l'après-midi, redescendez de votre nuage, pour vous promener en plein Sidi Houari : le coeur historique d’Oran. Rendez-vous au palais du Bey, Mohamed el Kébir, qui n’est malheureusement pas en très bon état mais qui garde tout son charme. Il s'agit d'un magnifique havre de paix où les visiteurs sont très rares. Ne vous étonnez pas d'avoir le site presque entièrement pour vous !

C’est dans ce palais que s’installa le Bey, Mohamed el Kébir, en 1792 après avoir repris la ville aux Espagnols. Il en fit le siège de son administration et sa résidence en y ajoutant des appartements, un jardin et des volières. Reposez-vous dans l'un des jardins pour apprécier le chant des oiseaux et le vent dans les feuilles de palmiers.

Une fois sortie du palais, parcourez la ville ancienne où se trouve la porte de Canastel (l’une des portes historiques d'Oran), la salle de gymnastique Marcel Cerdan, la promenade Letang ainsi que la mosquée de Hassan Pacha construite en 1796.

Le quartier de Sidi Houari est un immense labyrinthe de rue avec beaucoup d’affiches et des gravures anciennes que vous pourrez apprécier si vous levez bien la tête. S’y trouve aussi l’ancienne préfecture coloniale d’Oran qui est toujours en travaux pour devenir un musée de la mer. 

Pour clôturer votre escapade oranaise, finissez par une marche sur le front de mer : lieu incontournable pour passer une dernière soirée en ville. Et ce n’est pas un mythe, les Oranais ont une réelle joie de vivre. Tout le monde est à l'extérieur, à profiter de la brise marine. Prenez une glace chez « Bac 2 Glaces » avant de manger au restaurant « Le Santa Cruz » où vous aurez le droit à un concert de chaabi oranais en direct. 

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Tarifs et horaires : 

Fort de Santa Cruz: 

80 dinars/adulte

11h à 19h 

Chapelle de Santa Cruz:

Entrée gratuite 

Bibliothèque d’Oran (ex-cathédrale du Sacré-Coeur):

Entrée gratuite 

Palais du Bey: 

80 dinars/adulte 

8h à 16h